La présence remarquée d’un contingent de l’Armée Nigériane lors du défilé militaire du 20 Mai 2025 à Yaoundé a suscité émotions, souvenirs et interrogations. Une image forte qui rappelle à tous qu’il y a deux décennies, les armes auraient pu parler entre le Cameroun et le Nigeria autour de la péninsule de Bakassi. Si cela ne s’est jamais produit, c’est grâce à deux hommes d’État au sang-froid et au sens aigu du dialogue : Paul Biya et Olusegun Obasanjo. Jusqu’à ce jour, leur sagesse diplomatique légendaire mérite les plus hautes distinctions, y compris un Prix Nobel de la Paix.
Le Cameroun et le Nigeria se dirigent vers une confrontation armée autour d’un territoire riche en pétrole et hautement stratégique. Bakassi, bande côtière de près de 1000 km², devient le point de tensions. Militaires Nigérians et Camerounais se font face. Le monde retient son souffle. Mais plutôt que de céder à la tentation de la guerre, les Présidents Paul Biya et Olusegun Obasanjo vont faire le choix de la légalité internationale et du dialogue. Le Cameroun saisit la Cour internationale de Justice (CIJ) en 1994. Une décision historique, courageuse, rare dans l’histoire des conflits frontaliers africains.
En 2002, la CIJ rend son arrêt en faveur du Cameroun. Mais il reste l’essentiel : faire appliquer cette décision sans violence. Le pari semble fou à cette époque. Pourtant, les deux chefs d’État relèvent le défi. Par le Greentree Agreement signé en 2006 à New York, ils fixent ensemble les modalités concrètes de la rétrocession. Pas un coup de feu, pas un bain de sang. Juste une poignée de main et une volonté commune de faire primer la paix.
Paul Biya, fin connaisseur des arcanes de la diplomatie multilatérale, et Olusegun Obasanjo, militaire reconverti en homme de paix, ont fait montre d’une hauteur d’esprit exceptionnelle. Ils ont compris que le prix de la guerre serait trop élevé, encore plus pour les générations futures. Qu’il fallait construire un avenir sur la stabilité, pas sur les ruines d’un conflit fratricide. Leur coopération a permis la création d’une commission mixte, des plans de développement pour les populations locales, et une démilitarisation progressive de la zone.
L’image du défilé du 20 Mai 2025, avec des soldats Nigérians marchant aux côtés de leurs homologues Camerounais, est le fruit de cette diplomatie du courage. Elle est la manifestation symbolique que le sang n’a pas coulé parce que deux hommes ont su dire non à la guerre et oui à l’histoire.
Le monde est rempli de litiges frontaliers qui ont dégénéré. L’Érythrée et l’Éthiopie se sont affrontées pendant plus de 20 ans, laissant derrière elles des dizaines de milliers de morts. Le Cachemire reste un point chaud entre l’Inde et le Pakistan jusqu’aujourd’hui. En Ukraine, l’absence de solution diplomatique a plongé l’Europe dans une crise géopolitique majeure.
Mais à Bakassi, deux Présidents Africains ont réussi ce que peu d’autres ont pu faire : éviter une guerre annoncée. Ils ont choisi la voie du droit, de la médiation et de l’intelligence d’État. Ce sont là des critères suffisants pour mériter le Prix Nobel de la Paix, et leur nom doit figurer au panthéon des grands artisans de stabilité du continent.
Une mémoire vivante, une leçon pour les générations
En 2025, la paix de Bakassi est toujours là. Les drapeaux flottent côte à côte, les diplomates travaillent main dans la main, et les peuples vivent en paix. Cette paix a un nom : Paul Biya et Olusegun Obasanjo. Ce n’est pas un hasard si le Nigeria est à Yaoundé pour fêter l’unité du Cameroun. C’est également un message d’unité entre les deux Sous-Régions(Ouest et Centre), un hymne à la diplomatie africaine, un symbole de ce que l’Afrique peut produire de meilleur.
Il est temps de récompenser cette réussite. Il est temps de dire haut et fort que ces deux hommes d’État ont offert au monde un modèle de résolution pacifique des conflits, et que ce modèle mérite d’être salué à la hauteur de ses résultats.








































